La mise en œuvre de la Couverture Maladie Universelle (CMU), intervient à chaque niveau de la pyramide sanitaire : du premier au troisième, en passant par le deuxième. Au troisième niveau de la pyramide, se situent les hôpitaux de référence, à savoir les Etablissements Publics Hospitaliers Nationaux (EPHN), plus connus sous le terme « CHU ». Le CHU d’Angré fait partie de cette catégorie d’établissements sanitaires de référence qui jouent un rôle essentiel dans la prise en charge des patients référés depuis les niveaux inférieurs ou qui arrivent dans des situations d’urgence. De ce fait, les personnels de la Direction Générale de la Couverture Maladie Universelle (DGCMU) et de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM), restent en étroite collaboration avec ceux du CHU d’Angré, pour une mise en œuvre optimale de la CMU. C’est dans ce contexte qu’une série d’activités ont été déroulées les 6 et 7 octobre 2026, dans les murs du CHU d’Angré.
Des échanges sur les solutions pour contrer les difficultés dans la mise en œuvre de la CMU au CHU d’Angré
La CMU a pour but de garantir des soins et des médicaments de qualité à moindre coût, à l’ensemble des populations résidant en Côte d’Ivoire. C’est pourquoi, en tant qu’assurance santé de base, elle assure une couverture à 70%.
Au troisième niveau de la pyramide sanitaire où interviennent les spécialités et parfois de lourds traitements qui riment avec des coûts naturellement plus élevés que dans un Centre de Santé Rural ou un Hôpital Régional, les populations comptent sur le dispositif de la CMU pour souffler.
Malheureusement, elles ne réalisent bien souvent l’importance de la CMU qu’une fois confrontées aux difficultés financières liées à la prise en charge. Le non-respect de la pyramide sanitaire, la non-déclaration de son statut d’assuré, la non-possession de sa carte CMU, les défauts de cotisations, les paiements effectués avant la déclaration de son statut d’assuré, sont autant d’éléments qui freinent la prise en charge efficace des patients. En plus de cela, s’ajoutent quelques déconvenues internes, à savoir :
- le dysfonctionnement du réseau internet ;
- la rupture de certains médicaments ;
- la variation des coûts des intrants dûe à l’inflation ;
- la non-compréhension des patients et des accompagnateurs à propos de la dispensation des médicaments. Certaines populations ignorent en effet que la prise en charge des médicaments via la CMU, au sein d’un centre de santé, n’est valable que pour les patients hospitalisés.
Cependant, comme ont pu le relever les différentes parties qui ont pris part aux séances de travail au CHU d’Angré, ces faits ne devraient pas rester un obstacle à l’accès aux soins via la CMU. Des solutions telles que la recherche biométrique, la prise en charge en mode dégradé, le renforcement des capacités continue des acteurs et la communication efficace entre le personnel de santé et les patients, restent une des clés de la mise en œuvre efficiente de la CMU. La bonne organisation interne apparaît donc comme un garant de la réussite de la CMU au CHU d’Angré.
Renforcement des capacités de l’équipe pharmacie
La présentation du panier de soins de la CMU en ce qui concerne les médicaments ainsi que la mise à jour des connaissances des Pharmaciens, des Préparateurs et Gestionnaires de Pharmacie, ont marqué la journée du 7 octobre 2026. L’accès aux médicaments est, en effet, un volet essentiel et complémentaire indissociable à la prise en charge d’un assuré CMU.
Rencontre d’un parterre de professionnels de santé
La salle de conférence comble du CHU d’Angré a accueilli les experts de la DGCMU et de la CNAM : Dr AKE Awoh Pierre, Pharmacien, Conseiller Technique auprès de la Directrice Générale de la CMU, Dr Barbara MELEDJE, Pharmacienne à la DGCMU ; Drs HEINDE Benjamin et Dr ASSANDE Agnini, respectivement Pharmacien et Médecin conseil, tous deux intervenant pour le compte de la CNAM, ainsi que leurs collègues. Les pharmaciens du CHU d’Angré, Drs NIANGORAN Guillaume, YAO Bi Irié et COULIBALY Sié, ainsi que leurs collaborateurs, étaient également présents à cette importante rencontre.
Au cours des présentations et des échanges, les experts sont revenus sur la politique des médicaments essentiels, l’importance de la prescription en DCI, le remplissage des bons, leur modification, leur suppression, le remplissage du bordereau pour la facturation et l’élargissement du panier de soins.
Un panier qui s’élargit continuellement
A ce jour, 1 182 spécialités de médicaments sont couvertes, dont 117 pour l’hypertension artérielle et 61 pour le diabète. En réponse aux usagers, peu informés sur le fonctionnement de la politique sanitaire en ce qui concerne l’accès aux médicaments de qualité à moindre coût et qui de ce fait, affirment à tort que « La CMU ne prend que le paracétamol » ou encore « La CMU ne prend que les médicaments moins chers », le besoin de communication et de vulgarisation de la bonne information a été évoqué.
La politique du médicament essentiel
La politique du médicament essentiel est une politique adoptée au niveau international par l’OMS. La Côte d’Ivoire épouse cette politique, à l’instar de nombre de pays africains, pour permettre à un maximum de personnes d’avoir recours à des soins de santé et des médicaments de qualité, à coût accessible, en réponse au non-recours à ceux-ci, du fait des habitudes culturelles et du faible pouvoir économique. L’exemple du professionnel de santé qui s’enquiert de la situation socioéconomique du patient avant de procéder au choix des médicaments à prescrire en est la preuve. L’objectif est que le patient arrive à se soigner convenablement, peu importe sa situation socioéconomique. Le médicament générique et la possibilité de substitution des médicaments, autorisée par la loi, répondent également à cet objectif dans lequel s’inscrit pleinement la CMU. Pour rappel, le panier de soins de la CMU répond à 80% des besoins en santé des populations résidant en Côte d’Ivoire.
Des parties engagées pour la satisfaction des populations
Les pharmaciens de la DGCMU, de la CNAM et du CHU d’Angré ont convenu de l’importance de mettre tout en œuvre pour la satisfaction des patients. La journée s’est achevée par un entretien avec la surveillante des unités de soins.
La mise en œuvre de la Couverture Maladie Universelle à tous les niveaux de la pyramide sanitaire, est une mission essentielle du Ministère de la Santé, de l’Hygiène et de la Couverture Maladie Universelle, et du Ministère de l ;Emploi, de la Protection Sociale et la Formation Professionnelle. Ils mettent en œuvre le programme d’envergure qu’est la CMU à travers leurs mandants respectifs : la Direction Générale de la Couverture Maladie Universelle (DGCMU) et la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM).
Pour rappel, la CNAM se charge du volet assurantiel (enrôlement des populations, production et distribution des cartes, recueil des cotisations et paiement des prestations). Quant à la DGCMU, elle a pour mission de garantir l’accès aux soins à tous les niveaux de la pyramide sanitaire.



